Bien avant le centre commercial, Paris avait inventé une autre manière de faire du shopping : mettre une rue sous verre.
À la fin du XVIIIe et surtout au XIXe siècle, les passages couverts permettent de circuler entre boutiques à l'abri de la pluie, de la boue et d'une rue parisienne encore très différente de celle d'aujourd'hui.
LA VILLE DEVIENT UN INTÉRIEUR
Verrières, éclairage, vitrines : le passage transforme la promenade en spectacle.
Le Passage des Panoramas, construit autour de 1800, devient même dès 1817 l'un des premiers espaces publics parisiens éclairés au gaz.
PUIS ARRIVE HAUSSMANN
Les nouvelles avenues changent la circulation et le commerce.
Certains passages disparaissent. D'autres sont coupés en deux : le Passage Brady, construit en 1828, perd sa partie centrale avec le percement du boulevard de Strasbourg en 1854.
CEUX QUI RESTENT NE SE RESSEMBLENT PAS
Galerie Vivienne → élégante, néoclassique.
Panoramas → restaurants, collectionneurs, vieux commerces.
Grand-Cerf → verre, métal, verticalité.
Brady → Inde et Pakistan.
Prado → étrange, populaire, presque anti-Vivienne.
Jouffroy → architecture industrielle du XIXe.
C'est précisément pour cela qu'OFFSCREEN ne les classerait jamais sous « les plus beaux passages de Paris ».
La bonne question est plutôt :
QUEL PASSAGE POUR QUEL PARIS ?
Pour l'architecture → Grand-Cerf
Pour manger → Panoramas
Pour les livres et objets anciens → Verdeau
Pour le contraste → Brady
Pour l'étrangeté → Prado
Pour le Paris très composé → Vivienne
Et lorsqu'il pleut ?
Pour une fois, Paris avait prévu le coup deux siècles avant vous.

